Léa +
Benjamin Pavard

Léa Moukanas, la fondatrice de l'association Aïda qui vient en aide aux enfants d'un cancer

Je m’appelle Léa Moukanas, j’ai 19 ans et j’ai décidé, en janvier 2015, de créer ma propre association.

C’est l’ « Association Aïda », on vient en aide aux enfants atteints d’un cancer et notre parrain c’est “tout simplement” le récent champion du monde Benjamin Pavard. Comment j’en suis arrivée là ? A l’époque j’ai 15 ans à peine…

En octobre 2014, je perds ma grand-mère, Aïda Younès Frangié. Atteinte d’une leucémie foudroyante, il aura fallu à peine dix-sept jours pour que la maladie ait raison de cette grand-mère attentionnée et de cette femme engagée. Connectée sur les réseaux sociaux, adepte des soirées, de la mode et du sport, Aïda était aussi et surtout une femme de valeurs qui, par le biais de l’association BASSMA au Liban, cherchait à aider ceux qui en avaient besoin.

Son décès fut pour moi à la fois douleur et source de motivation.

J’avais vu les jeunes pensionnaires du service d’oncologie coupés de leurs amis, j’avais entendu ma grand-mère parler d’eux, de ceux qui, contrairement à elle, n’avaient pu jouir de la vie. Les graines de l’engagement étaient semées, il ne restait plus qu’à les faire pousser.

Benjamin Pavard, parrain de l'association Aïda qui vient en aide aux enfants d'un cancer

Je crois aux signes. Peu de temps après son décès, un vendredi soir, alors que je devais plancher sur un examen de physique et que je n’avais pas le coeur à cela, préférant me perdre sur le web, je suis tombée sur une vidéo de ma grand-mère au Liban, parlant de son engagement. Qu’il fût dur de la revoir, de réentendre sa voix. Alors que je m’apprêtais à quitter cette vidéo, pleine de souvenirs que je n’avais pas vécus, j’entendis cette phrase :

Red Quote

Je m’engage pour la jeunesse car c’est elle qui représente l’avenir

Appelez ça un signe, une coïncidence ou le fruit de l’algorithme Google, mais, quoi qu’il en soit, ces quelques mots prononcés en arabe furent pour moi un déclic. J’allais rater ce devoir de physique mais j’allais aussi créer une association.

Les premiers mois furent durs et éprouvants. Malgré ma détermination, le soutien et l’engagement de mes camarades de lycée, aucun hôpital ne voulait nouer de partenariat avec de si jeunes gens. Pourtant, à force de sueur, de pleurs parfois et d’une furieuse envie de persévérer, nous avons réussi à devenir ce que nous sommes aujourd’hui, une association qui aide les patients, soutient la recherche et sensibilise les jeunes.

Le 30 juin 2018, à l’occasion d’un week-end en Corrèze avec de jeunes patients, nous avions installé un drap blanc sur lequel nous projetions tant bien que mal les images du 1/8ème de finale entre la France et l’Argentine. Ce jour-là, nous découvrîmes sur l’écran celui qui allait devenir notre parrain : Benjamin Pavard !

A la 57ème minute de ce match épique, à la suite de sa demi-volée, un formidable élan parcourut notre assemblée. Ceux qui le pouvaient se levèrent et hurlèrent, ceux qui en étaient incapables en eurent tellement envie que ce fut tout comme.

Par-delà la maladie, nous nous étions réunis en un seul et même cri. Le soir, après cette journée chargée en émotions, une idée nous vint : pourquoi ne pas faire de Benjamin Pavard le parrain de l’association Aïda ?

En août j’ai donc pris contact avec son agent, sans trop y croire… Et quelques mois plus tard, un mercredi matin, nous rencontrions Benjamin et passions près de deux heures en sa compagnie. De manière très humble, il avait accepté de devenir le parrain de l’association, de consacrer un peu de son temps à notre combat et surtout à celui de tous les enfants malades.

 

Merci Benjamin